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Le nouveau règlement du temps de travail doit entrer en vigueur au 1er janvier 2026 pour tous les agents du Département de l’Ain. Pour FO, cette réforme aurait dû être l’occasion d’apporter une vision plus moderne et plus innovante de l’organisation du temps de travail.
Aujourd’hui, les salariés expriment de nouvelles envies et de nouveaux besoins :
• Un meilleur équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle,
• Davantage de modularité et de choix dans l’organisation de leurs horaires par les salariés,
• Une reconnaissance réelle de leur investissement et des contraintes propres à chaque métier,
• Des conditions de travail qui garantissent la qualité de vie au travail,
• Une attractivité renforcée pour que le Département reste un employeur innovant et compétitif.
Cette réforme devait donc être l’occasion de mettre en place un temps de travail réellement attractif et adapté au monde d’aujourd’hui, avec de véritables garanties d’aménagement et d’évolution, tout en répondant à une exigence essentielle : redonner du sens au travail et à l’exercice des missions de service public.
Or, le projet présenté par l’exécutif va à l’encontre de ces objectifs. Il se traduit par plus de contraintes, une multiplication des rigidités et de véritables dégradations des conditions de travail : moins de reconnaissance, plus de contrôle, une perte de sens. Plutôt que d’améliorer la qualité de vie au travail, ce règlement risque de l’aggraver.
⚠️ LES POINTS DE VIGILANCE FO DÉTAILLÉS :
1. Le badgeage : un outil qui ne doit pas devenir une surveillance permanente
Le règlement généralise le badgeage via l’outil TEMPO, sur ordinateur ou smartphone professionnel. Chaque agent devra badger quatre fois par jour : en arrivant le matin, en partant en pause méridienne, en revenant de cette pause, puis en quittant son poste le soir.
➡️ Sur le papier, ce système est présenté comme une manière de donner de la souplesse grâce aux plages variables. Mais dans les faits, il instaure un contrôle permanent : toute anomalie (pause trop courte ou trop longue, badgeage oublié, dépassement horaire) génère une alerte et nécessite une validation hiérarchique.
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FO alerte : le badgeage ne doit pas devenir un outil de sanction ou de flicage. Il doit rester un simple moyen technique de suivi, et non instaurer une suspicion généralisée qui dévalorise le travail des agents.
De plus, FO demande des garanties claires sur l’usage du badgeage via smartphone professionnel : il ne doit en aucun cas permettre une géolocalisation intrusive des agents.
⚠️ Période de tolérance nécessaire
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FO demande qu’une phase de mise en œuvre progressive de 6 mois soit instaurée, avec une tolérance sur les erreurs de badgeage (oubli, décalage de quelques minutes, difficulté technique), afin de laisser aux agents le temps de s’adapter au nouvel outil.
De plus, une souplesse sur les plages fixes de présence doit être prévue afin que les agents ne soient pas pénalisés en cas d’imprévu (retard de transport, aléa familial, urgence). FO exige que le badgeage ne se transforme pas en rigidité excessive mais reste un outil facilitateur, respectueux de la réalité quotidienne des agents.
2. L’écrêtage : des heures de travail qui disparaissent
Le système de gestion des heures impose un compteur « débit/crédit », plafonné à 10h par trimestre est largement insuffisant.
➡️ Concrètement, si un agent réalise 15 heures de plus, seules 10 heures seront conservées et les 5 heures restantes disparaissent.
➡️ Ce mécanisme touche en particulier les agents les plus investis : ceux qui travaillent davantage pour assurer un rendu dans des délais contraints imposés par l’employeur, ceux qui prennent en charge le travail d’un collègue absent non remplacé, ou encore ceux dont les missions impliquent de nombreux déplacements.
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FO dénonce une règle profondément injuste : les agents qui font fonctionner le service public dans les situations difficiles sont précisément ceux qui seront les plus pénalisés. C’est une spoliation du travail accompli qui décourage l’investissement et mine la motivation.
3. Astreintes et permanences : un engagement mal reconnu
Dans les laboratoires départementaux, les services techniques des bâtiments, les routes et le social, de nombreux agents assurent des astreintes et des permanences, souvent en dehors des horaires habituels.
➡️ Le règlement considère que seul le temps d’intervention effective compte comme temps de travail. Toute la période de disponibilité imposée, pourtant contraignante pour l’organisation personnelle et familiale, n’est pas valorisée.
➡️ Les compensations financières prévues restent trop faibles et, en l’état, peuvent même entraîner une perte de rémunération pour les agents concernés, alors qu’il s’agit d’un temps de contrainte bien réel.
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FO demande une reconnaissance pleine et entière de ces missions. Elles sont indispensables à la continuité du service public et doivent être correctement indemnisées et intégrées dans le temps de travail effectif.
⚠️ Astreintes de sécurité : maintien des droits actuels
Certains agents sont soumis à des astreintes de sécurité impliquant des sorties nocturnes.
➡️ Actuellement, lorsqu’ils doivent intervenir la nuit, ils respectent le repos obligatoire de 11 heures, sans avoir à « restituer » ensuite les heures non effectuées du fait de ce repos. Cette règle protège leur santé et leur sécurité.
➡️ Le projet de règlement reste silencieux sur ce point, ce qui crée une insécurité pour les agents concernés.
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FO demande le maintien explicite de cette règle dans le règlement, avec la précision claire que les 11 heures de repos obligatoires ne donnent pas lieu à récupération des heures non travaillées.
4. La pause méridienne : une fausse coupure pour les agents des collèges
La pause méridienne est fixée à 45 minutes et n’est malheureusement pas comptée comme temps de travail.
➡️ Mais dans les faits, les agents des collèges ne disposent pas de cette liberté :
• ils assurent la continuité de la préparation du service de restauration et la surveillance des cuissons,
• ils restent présents dans l’établissement et ne peuvent pas le quitter sans devoir se changer et respecter les obligations sanitaires,
• même pendant leur repas, ils restent à disposition en cas d’imprévu (livraisons, collégiens malades, panne technique, etc.).
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FO exige que ces pauses soient reconsidérées comme du temps de travail effectif, car elles ne constituent pas une réelle coupure dans l’activité professionnelle.
À défaut, FO demande que la pause puisse être réduite à 30 minutes lorsque l’agent le souhaite, afin de mieux coller à la réalité des contraintes et d’apporter de la souplesse dans l’organisation.
5. Les services sociaux : une disponibilité permanente non prise en compte
Les agents des services sociaux assument des missions essentielles : protection de l’enfance, soutien aux familles, suivi de situations complexes. Leur travail exige une grande réactivité, parfois en dehors des horaires prévus, avec des amplitudes et des charges de travail très variables.
➡️ Le règlement, en rigidifiant les règles, ignore ces contraintes et ne reconnaît qu’une 1/2 journée de sujétion par an. C’est largement insuffisant au regard des réalités quotidiennes :
• Risques fréquents d’agressions ou de menaces,
• Intensité et charge de travail très élevée,
• Horaires imprévisibles, avec des heures supplémentaires souvent contraintes par les situations d’urgence,
• Charge mentale et émotionnelle forte, liée à l’accompagnement de publics fragiles et à la gestion de situations sensibles.
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FO alerte : ce manque de reconnaissance est une véritable injustice. Il contribue à la démotivation et à l’épuisement professionnel, dans un secteur déjà marqué par des difficultés de recrutement et de fidélisation.
6. Le refus d’une option 36h sur 4 jours
Le règlement propose plusieurs cycles (39h/5j, 37h, 36h/4,5j, 36h/5j), mais refuse l’option 36h sur 4 jours, pourtant largement demandée.
➡️ Cette organisation permettrait d’améliorer l’équilibre vie professionnelle / vie personnelle, de réduire les trajets domicile-travail et de renforcer l’attractivité du Département.
FO dénonce un manque d’écoute et de souplesse, alors que d’autres collectivités l’ont déjà mise en place avec succès.
7. Temps partiels et retraite progressive : des leviers d’attractivité à développer
Le monde du travail évolue. Beaucoup d’agents souhaitent mieux concilier leur vie professionnelle et leur vie personnelle, sans pour autant quitter leur poste.
➡️ Le temps partiel sur autorisation et la retraite progressive sont des dispositifs qui doivent être facilités :
• ils permettent d’adapter son rythme de travail selon les étapes de sa vie,
• ils encouragent le maintien de collègues expérimentés,
• ils évitent des départs précoces ou du découragement.
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FO demande que ces dispositifs soient pleinement reconnus et valorisés. Plutôt que d’être perçus comme une contrainte, ils doivent devenir des atouts d’attractivité et de fidélisation pour la collectivité.
8. Les assistants familiaux : une disponibilité totale non reconnue
Les assistants familiaux assurent une mission essentielle : accueillir, accompagner et protéger des enfants souvent fragilisés. Leur investissement dépasse largement les horaires classiques et implique une disponibilité permanente, y compris la nuit, les week-ends et jours fériés.
➡️ Pourtant, ce nouveau règlement ne prend pas en compte leurs contraintes spécifiques :
• Une charge émotionnelle et psychologique particulièrement forte,
• Une vie personnelle impactée par la présence constante des enfants accueillis,
• Une rémunération et des compensations qui ne reflètent pas l’ampleur de leur engagement.
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FO demande une reconnaissance spécifique pour les assistants familiaux, avec notamment l’attribution de jours de sujétion, adaptés à la réalité de leurs missions, et une meilleure valorisation de leur rôle indispensable à la protection de l’enfance.
9. Une inégalité dans l’accès aux heures supplémentaires (IHTS)
Le document annexe prévoit l’élargissement des IHTS aux agents de catégories B et C ainsi qu’aux techniciens de laboratoires de catégorie A.
➡️ Cependant, les responsables de secteur ingénieurs des laboratoires en sont exclus.
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FO dénonce une inégalité de traitement au sein même des services : tous les agents investis dans le fonctionnement du laboratoire doivent pouvoir bénéficier des mêmes droits, quelle que soit leur catégorie.
10. Les ASA (autorisations spéciales d’absence) et droits associés : un recul social inacceptable
Le projet de règlement 2026 introduit de nombreuses diminutions ou suppressions de droits par rapport au règlement 2020/2023 :
➡️ Mariage / PACS de l’agent : 8 jours consécutifs → 5 jours ouvrables non fractionnables (–3 jours et moins de souplesse).
➡️ Mariage d’un enfant / père / mère / frère / sœur : supprimés (n’apparaissent plus dans la liste).
➡️ Décès conjoint / père / mère / personne à charge : 5 jours → 3 jours ouvrables (–2 jours), avec seulement +2 jours si trajet aller > 300 km.
➡️ Décès grands-parents et petits-enfants : supprimés (présents en 2020 avec 2 jours).
➡️ Maladie très grave d’un proche : 5 jours → 3 jours ouvrables (–2 jours), fractionnables en demi-journées.
➡️ Concours / examens : plafonnés à 2 jours/an (au lieu de « jours de convocation » sans plafond explicite).
➡️ Absences syndicales – RIS (réunions d’information syndicale) : disparaissent du texte 2026 (seul le socle légal CGFP reste).
➡️ RTT : congés maternité, paternité, adoption, maladie et ASA désormais exclus de la génération de jours RTT (perte implicite).
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FO exige :
• le rétablissement des 5 jours pour maladie grave et décès,
• le respect des droits syndicaux (RIS),
• l’abandon de la restriction sur la génération des RTT.
🎯 En conclusion, pour FO, ce projet traduit :
• Un passage en force de l’exécutif territorial sans réelle négociation lors du dialogue social avec l’accès au règlement avant le comité social territorial,
• Une réforme qui ignore les réalités de terrain (bâtiments, collèges, laboratoires, services sociaux),
• Une organisation qui risque de faire perdre des heures travaillées et d’entraîner de véritables dégradations des conditions de travail, décourageant les agents les plus investis.
⚠️ Enfin, FO relaie une inquiétude grandissante des agents des routes : ils redoutent que cette modernisation du temps de travail, déjà contestée dans les autres services, ne leur soit étendue. Ces agents, confrontés à des contraintes fortes (astreintes, interventions d’urgence, aléas climatiques, sécurité routière…), craignent que leurs spécificités soient ignorées et que leurs conditions de travail se dégradent encore davantage.
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FO appelle l’exécutif à amender ce projet de 53 pages, à prendre plus de temps pour ouvrir de réelles négociations avec les représentants du personnel et à construire ensemble une vision plus moderne, plus inventive et réellement respectueuse des besoins des agents et cadres du Département de l’Ain.
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