Pouvoir d’achat : reconnaître l’engagement des agents par des actes concrets
1) Préambule – Lecture FO du budget primitif 2026
À la lecture des lignes budgétaires présentées pour 2026, FO tient à poser un constat objectif et responsable :
le Département de l’Ain fait le choix d’aller au-delà de ses seules compétences “socle”, sur plusieurs axes qui ne relèvent pas strictement d’obligations légales.
C’est notamment le cas :
• des pactes de territoire et des aides aux communes ;
• des actions en faveur de la démographie médicale ;
• de la politique du logement ;
• et d’une partie des politiques de transition écologique.
FO prend acte de ces orientations, qui relèvent de choix politiques assumés, visant à répondre à des besoins réels du territoire et des Aindinois.
Dans le même temps, FO rappelle une réalité budgétaire incontournable :
L’essentiel du budget départemental reste capté par les obligations sociales (RSA, APA, PCH, ASE), en hausse continue et contrainte, ce qui pèse lourdement sur les marges de manœuvre.
FO n’ignore ni cette contrainte, ni la complexité de l’équation budgétaire.
Mais FO le dit avec clarté et responsabilité : ces choix, aussi légitimes soient-ils, ne peuvent pas se faire au détriment des agents du Département.
Les agents sont le premier levier de mise en œuvre de ces politiques, qu’elles soient obligatoires ou volontaristes.
Ils en portent la charge opérationnelle, humaine et organisationnelle, au quotidien.
Dès lors, le budget 2026 ne peut pas être uniquement un budget d’investissements et de politiques publiques :
il doit aussi être un budget de reconnaissance, de protection du pouvoir d’achat et de moyens humains adaptés aux ambitions affichées.
Investir pour les Aindinois, oui — mais investir aussi dans celles et ceux qui font vivre le service public départemental, chaque jour, partout dans l’Ain.
2) Un budget ambitieux… qui doit aussi reconnaître les agents
Le Conseil départemental de l’Ain adopte son budget primitif 2026 dans un contexte économique et national particulièrement incertain.
FO tient à le souligner d’emblée : le Département de l’Ain fait le choix politique d’aller bien au-delà de ses obligations légales, en maintenant un haut niveau d’investissement malgré des recettes limitées et une hausse imposée des dépenses sociales.
📌 153 M€ d’investissements sont annoncés, notamment pour les collèges, les routes, les services de proximité et la transition écologique, avec un endettement présenté comme maîtrisé et soutenable.
Dans un paysage où de nombreux Départements sont aujourd’hui en grande difficulté, l’Ain affirme continuer d’agir sur des priorités majeures : démographie médicale, enfance, handicap, risques climatiques, sécurité civile, soutien aux territoires.
FO le dit clairement : cet engagement est un choix politique assumé, et nous en prenons acte.
Mais ce choix ne doit pas se faire au détriment des agents, qui sont le premier levier de mise en œuvre de ces politiques publiques.
Ce budget doit aussi se traduire par des décisions concrètes pour :
• protéger et renforcer le pouvoir d’achat ;
• reconnaître l’engagement au quotidien ;
• et donner des moyens humains à la hauteur des ambitions affichées.
Investir pour les Aindinois, oui — et investir aussi dans celles et ceux qui font vivre le service public, chaque jour, partout dans l’Ain.
3) Reconnaissance : au-delà des mots, des actes
Le 29 janvier dernier, lors de la cérémonie des vœux du Département, l’engagement des agents a été justement mis à l’honneur. FO s’y associe pleinement.
Ce sont les agents départementaux qui font vivre, chaque jour, les missions essentielles du service public : dans les collèges, sur les routes, dans l’action sociale, la protection de l’enfance, l’environnement, la culture, le sport, la sécurité civile et les services supports.
FO tient toutefois à le dire avec clarté et responsabilité :
la reconnaissance ne peut pas rester uniquement symbolique.
Dans un contexte de hausse durable du coût de la vie, le pouvoir d’achat n’est ni un sujet secondaire ni un sujet conjoncturel. Sur les dix dernières années, les prix ont augmenté presque chaque année : au total, on est autour de +20 % de hausse cumulée (ordre de grandeur Insee).
C’est une urgence sociale, un enjeu majeur d’attractivité et de fidélisation, et un facteur direct de qualité du service rendu aux Aindinois.
4) Constats partagés… mais inquiétants
Lors du dialogue social du 19 janvier 2026, plusieurs éléments ont été portés à notre connaissance :
• l’absence d’augmentation des primes jusqu’en 2028, soit quatre années blanches de 2025 à 2028 ;
• l’absence de revalorisation de la valeur faciale des titres-restaurant ;
• et, comme principal levier annoncé, une revalorisation anticipée de la prévoyance maintien de salaire, initialement envisagée pour 2029.
FO prend acte positivement de cette anticipation sur la prévoyance. La protection sociale complémentaire est un sujet important, et toute amélioration va dans le bon sens.
Mais FO le dit avec fermeté et bienveillance :
cela ne répond pas au problème immédiat du pouvoir d’achat.
La prévoyance protège contre un risque futur ; le pouvoir d’achat concerne le quotidien de chaque agent, chaque mois, sur la fiche de paie.
5) Titres-restaurant et primes : des leviers à ne pas fermer
FO souhaite rappeler un fait simple et objectif :
📌 la valeur faciale des titres-restaurant n’a pas été revalorisée depuis plus de dix ans, alors même que les prix de l’alimentation et les dépenses contraintes ont fortement augmenté.
Ne pas revaloriser, c’est réduire mécaniquement l’aide réelle apportée aux agents et envoyer un signal négatif dans un contexte déjà tendu.
Par ailleurs, FO le réaffirme sans ambiguïté :
la revalorisation des primes doit rester un objectif prioritaire.
Les mesures dites « hors primes » peuvent accompagner, mais elles ne remplaceront jamais une politique indemnitaire revalorisée, lisible et équitable.
Annoncer une trajectoire sans revalorisation jusqu’en 2028 revient à demander aux agents d’absorber plusieurs années supplémentaires de hausse des coûts sans réponse sur leur rémunération. FO ne peut s’y résoudre.
6) FO demande une méthode, un calendrier et des engagements dès 2026
Dans ce contexte, FO demande que le CST acte une méthode de travail claire dès 2026, fondée sur :
• un calendrier de négociations ;
• des scénarios chiffrés ;
• une transparence totale sur les marges de manœuvre ;
• et des réponses objectivées et vérifiables.
FO formule notamment les demandes suivantes :
1️⃣ Primes : rouvrir le chantier et fixer une trajectoire
• une trajectoire indemnitaire écrite (RIFSEEP / IFSE / CIA), même progressive ;
• des critères clairs et partagés (équité entre filières, fonctions, sujétions, métiers en tension) ;
• des points d’étape réguliers en CST, au minimum annuels ;
• l’étude de revalorisations ciblées dès que possible, en priorité pour les agents les plus exposés.
2️⃣ Restauration et coût de la vie
• un état des lieux complet des dispositifs existants ;
• des scénarios de revalorisation des titres-restaurant, progressifs si nécessaire ;
• une évaluation budgétaire objective, permettant un débat fondé sur des éléments concrets.
3️⃣ Action sociale
• un travail immédiat sur les prestations existantes afin d’identifier ce qui peut être renforcé dès 2026, en priorité pour les agents les plus touchés par la hausse des dépenses contraintes.
4️⃣ Protection sociale complémentaire
• la formalisation noir sur blanc de l’anticipation annoncée sur la prévoyance maintien de salaire, avec un calendrier précis ;
• l’engagement dès 2026 d’un travail cohérent santé + prévoyance, afin de limiter les restes à charge.
7) Conclusion FO
FO souhaite conclure simplement.
Les agents ne doivent pas devenir la variable d’ajustement des choix budgétaires.
Si le Département veut rester une collectivité de projets et d’investissements, il doit aussi être une collectivité qui protège le niveau de vie de celles et ceux qui font vivre le service public.
FO attend de ce CST :
• un engagement de méthode,
• un calendrier clair,
• et des mesures concrètes dès 2026,
avec un cap assumé : revaloriser le pouvoir d’achat — et donc aussi les primes.
FO restera, comme toujours, ferme sur les principes et ouverte au dialogue, dans l’intérêt des agents et du service public départemental.
Je vous remercie.
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