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Publié le par Rodrigue BROUILLIARD
Publié dans : #carrière

Loin de tenir ses promesses, avancées en 2015 lorsque le gouvernement l’avait imposé aux agents, le PPCR (protocole sur les parcours professionnels, carrières et rémunérations) induit au contraire des situations ubuesques dans la fonction publique. Au sein du ministère de l’Économie et des Finances en particulier. Ainsi au plan du calendrier des revalorisations indiciaires/salariales de même qu’en ce qui concerne les progressions de carrières, les personnels de catégorie A (les cadres) connaissent des traitements différents selon les directions ministérielles. Plus largement, les améliorations de rémunérations et de carrières qui devaient découler du PPCR jouent les arlésiennes à Bercy. Pour l’instant en effet, tout le processus de mise en place du PPCR pour les agents de catégorie A est bloqué. En cause ? Une mauvaise budgétisation du protocole indique M. Gérald Darmanin, le ministre de l’Action et des Comptes publics, en charge de la Fonction publique.

Ce qui devait arriver, arrive ! souligne la fédération FO des Finances. Le PPCR (protocole sur les parcours professionnels, carrières et rémunérations) fait reparler de lui. Et pas en bien… Ce qui n’étonne pas les agents.

Imposé le 30 septembre 2015 par le gouvernement alors qu’il venait d’être rejeté par trois syndicats (FO, CGT, Solidaires) affichant à eux trois un poids majoritaire au plan de la représentativité, le PPCR est entré dans une application progressive depuis le 1er janvier 2016. Ce protocole affirme ses prétentions : améliorer le déroulement des carrières des agents et la progression de leurs rémunérations des fonctionnaires. Reste à le prouver.

Pour ce faire, le PPCR a prévu des mesures telle que la rénovation des grilles indiciaires, étalée toutefois jusqu’en 2020 et assortie d’un allongement des durées de carrières. Le protocole a prévu aussi notamment l’intégration d’une part des primes dans le traitement/salaire. Cette intégration est insignifiante fustigeait FO en 2015 en stigmatisant la philosophie singulière du PPCR : la réforme PPCR ne coûtera quasiment rien, car les agents autofinancent les nouvelles grilles par des carrières plus longues, un avancement ralenti et des promotions limitées.

Le grand capharnaüm

Un an et demi après les premiers pas du PPCR et au vu des multiples complications et dysfonctionnement qu’a induit sa mise en place, les craintes que manifestaient FO semblent hélas avérées.

Ainsi dans le périmètre des ministères financiers de Bercy, les agents taxent le PPCR de véritable capharnaüm. Rien d’étonnant explique la fédération FO des Finances rappelant qu’en 2015 le gouvernement d’alors prenait des engagements dont il savait qu’ils incomberaient à ses successeurs de les assumer. Or à l’époque, FO avait pointé le risque que ces derniers donnent prétexte d’une situation financière dégradée pour remettre en question le calendrier de mise en place du PPCR. On y est.

Cet été (le 10 juillet), M. Gérald Darmanin, le ministre de l’Action et des Comptes publics, en charge de la Fonction publique a en effet déclaré lors d’un Conseil commun de la fonction publique que la situation des finances publiques nous oblige à nous interroger sur le calendrier de mise en œuvre du protocole et de l’étalement de sa montée en charge. Concrètement le gouvernement laisse entendre que l’État n’est pas prêt à mettre les moyens pour assumer, selon le calendrier prévu, la mise en place de ce PPCR dont le coût était estimé en 2015 par la Cour des comptes à près de cinq milliards d’euros d’ici 2020.

Double peine

Alors que le gouvernement a entre autres annoncé aux fonctionnaires un retour au gel du point d’indice en 2018, -cela après une hausse modeste des salaires de 1,2% (0,6% en juillet 2016 et 0,6% en février 2017) laquelle comptait avec six années de gel-, le ralentissement de la mise en place du PPCR est un nouvel élément de mécontentement pour les agents. Une sorte de double peine. Non seulement ils ne bénéficient pas d’augmentations générale des salaires mais, qui plus est, les quelques améliorations promises quant aux revalorisations indiciaires et de carrières seraient compromises.